La photographie espagnole bouge cependant

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Le temps passe si vite que nous ne sommes même pas conscients de certains de ses changements, ou que nous considérons certaines réalités comme immuables, des questions qui « ont toujours été là ». Ces réflexions sont pertinentes en entrant dans la salle Goya du Círculo de Bellas Artes, où déployer ‘Mobile perpétuel’, l’exposition de thèse organisée par Alexandre Castellote de cette PHotoEspaña’24, qui vole la devise, et avec laquelle elle fait ses débuts en tant que réalisatrice Maria Santoyo.

Mais je reviens à mon argument, à savoir que si je ne m’emmêle pas et ne les gâche pas. Même si c’est de cela qu’il s’agit : « gâcher » le problème. Il y a plus de 25 ans, lorsque PHotoEspaña est née, elle l’a fait dans un contexte où La photo était en bonne santé créative mais pas aussi réceptive. Necesitaba pues de un festival (no era el primero. Su buen trabajo hizo la barcelonensa Primavera Fotográfica) que trajo a nuestro país la riqueza de este lenguaje y dio a conocer a algunos de sus grandes nombres, algunos de los cuales celebraban su primera individual en Espagne.

Le fait est que c’est celui qui fut le premier directeur du festival, ledit Castellote (éditions de 1998 à 2000), qui revient au concours, et à un espace, le Círculo, qu’il connaît aussi bien, puisqu’il a dirigé son secteur photographique entre 1985 et 1996, et a créé – coïncidences de la vie – avec Cristina García Rodero, l’artiste qui, à un étage au-dessus, récupère « remasterisée » sa série la plus emblématique : « España Oculta ».

Ce qui s’est passé est arrivé

Nous avons donc une discipline déjà assimilée, la photographie ; un festival consolidé, PHotoEspaña ; et un commissaire de retour à qui il est demandé précisément de revenir sur ce qui s’est passé dans la photographie espagnole au cours de ces 24 années pendant lesquelles il n’a pas été lié au concours. Et il ne fait aucun doute que cela change, tout change, d’où la devise de cette édition, et Le besoin de Castellote de circonscrire un sujet aussi vaste comme impossible à cartographier, pour se retrouver avec une infime sélection, si l’on y réfléchit, d’auteurs qui ont brisé les coutures de la photographie, en ont repoussé les limites.

Et c’est pourquoi, avant d’entrer dans la pièce, on croise un Aitor Ortiz sculptural ou, en le traversant, on ne peut s’empêcher de remarquer un Lola Guerrera ou Jon Cazenave installations. Noter que Marina Núñez Il ne s’agit pas de photographie, mais de vidéographie, de numérique et d’éclairage.

Choisissez un chemin.
De haut en bas, « Comportement pour un exercice 7 » (2017-2018), d’Antonio Guerra ; Sans titre’, d’Elena de la Rúa ; et ‘Icare’, d’Irene Zottola
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Le commissaire et le directeur du concours s’accordent sur le fait que la génération rassemblée ici est le plus créatif et sans préjugés De tous ceux que notre Histoire photographique a donné, le plus formé, celui qui a su travailler avec des références et le plus nombreux. Également un dans lequel (en toute honnêteté) la présence des femmes est beaucoup plus notable. Dans l’exposition, également celle des prénoms basques. Peut-être grâce à la présence de l’Institut Basque Etxepare comme collaborateur. Ou justement à cause de sa présence.

On entre alors, comme le décrit Santoyo, dans un jardin d’essences exotiques, «excentriques, grimpeurs, capables de coexister et se nourrir les uns les autres sans voler ni lumière ni sève. Un “collectif utopique qui a de plus en plus besoin de plus d’espace et de moins de murs” pour montrer ses propositions (et cela nous mènerait au système d’échafaudages pour sauver l’assemblée, qui ne profite pas à tout le monde).

Des artistes aux intérêts variés, que le commissaire regroupe – ou laisse la place aux uns à d’autres – qui cartographient le panorama espagnol : de l’image appropriée de María Cañas, aux paris sur les techniques passées (la magnifique chapelle de Juanan Requena et Irène Zottola); l’image la plus narrative de Bego Anton avec le documentaire Álvaro Laiz ou Mar Sáez; l’archivage de Alfredo Caliz

‘Mobile perpétuel’

Collectif. Cercle des Beaux-Arts. Madrid. C/ Marqués de Casa Riera, 2. Commissaire : Alejandro Castellote. Collaborateur : Institut Basque Etxepare. Jusqu’au 1er septembre. Quatre étoiles

Le portrait fragmenté de Germán Gómez. Miguel Angel Tornero, comme lui, manipulant le papier. Colère de la Lombardie, notamment critiques politiques. L’abstraction de Combarro, d’Alejandro Marote. Le livre photo de Roberto Agirrezabala… Bienvenue dans cette jungle. Cela vaut la peine de s’y perdre.

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