La Banque centrale accélère la liquéfaction des passifs en pesos mais assume également davantage de risques

La Banque centrale accélère la liquéfaction des passifs en pesos mais assume également davantage de risques
La Banque centrale accélère la liquéfaction des passifs en pesos mais assume également davantage de risques
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Photo d’archives : image de l’entrée principale du bâtiment de la Banque centrale de la République argentine dans le centre financier de Buenos Aires, en Argentine. 16 septembre 2020. REUTERS/Agustin Marcarian/Photo d’archives

Même si une nouvelle baisse des taux de la Banque centrale était attendue, le moment choisi a surpris le marché. L’objectif principal de la décision est d’accélérer la liquéfaction des passifs rémunérés en pesos, mais en même temps elle prend des risques en laissant le taux en territoire encore plus négatif par rapport à l’inflation.

Avec cette décision, le taux de politique monétaire a été réduit de 60 % à 50 %. Concrètement, cela signifie que les banques paieront des taux de 45 % par an, voire moins, pour obtenir des conditions fixes. Il s’agit d’un rendement de moins de 4% par mois, ce qui est désormais beaucoup moins attractif par rapport aux évolutions possibles du dollar et aussi par rapport au maintien du pouvoir d’achat de l’épargne.

Hier, il y a eu un premier mouvement après la mesure, car le dollar compté avec règlement a dépassé 1.100 $, soit une augmentation de plus de 2% par rapport à la clôture de la veille. Avec moins d’incitations à investir en pesos, le risque est une baisse de la demande de monnaie de la part du public et des entreprises.

Bien entendu, une baisse des taux aurait également un impact sur une plus grande offre de crédit de la part des banques, qui ne trouvent pas attrayant le placement de pesos dans des instruments émis par la Banque centrale. Les nouvelles lignes de crédit hypothécaire sont liées à ce phénomène, mais des lignes de prêts personnels et collatéraux font également leur apparition.

L’entité présidée par Santiago Bausili profite en revanche du taux de change pour laisser les taux en territoire négatif. Il arrive que tant que les entreprises continuent d’avoir des restrictions d’accès au marché des changes, la possibilité d’acheter des dollars reste très limitée.

Ceci signifie que le contrôle des changes continue de fonctionner dans le cadre du processus de liquéfaction du passif. Selon les propres estimations du gouvernement, le déficit quasi budgétaire, qui se maintenait à des niveaux proches de 10 % du PIB, était déjà tombé à moins de 5 %. Avec cette nouvelle baisse, ce déclin deviendra encore plus marqué.

Outre le risque d’une baisse de la demande de monnaie, l’impact sur les exportateurs reste également à mesurer. Avec des taux plus bas en pesos, l’incitation à liquider les devises diminue considérablement. Pour l’instant, le taux d’ajustement du taux de change officiel reste inférieur à la performance des termes fixes. Pour le moment du moins, les entreprises et les investisseurs estiment que la Banque centrale est en mesure de maintenir le taux de change progressif de seulement 2 %.

La forte décélération de l’inflation est essentielle de sorte que la Banque centrale a décidé d’accélérer la réduction des taux. On s’attend à ce qu’en avril l’indice revienne à un chiffre après cinq mois, mais le noyau chuterait à des niveaux proches de 5 %.

Pour ce mois-ci, les perspectives sont encore plus encourageantes. Non seulement le secteur de l’alimentation et des boissons présente une stabilité significative, mais le gouvernement a également reporté l’augmentation des tarifs d’électricité et de gaz pour les ménages moyens. Par ailleurs, l’augmentation de la Taxe sur les Transferts de Carburant (ITC), qui devait être appliquée au début du mois, a également été reportée à plus tard.

Le meilleur résultat fiscal des premiers mois de l’année a permis à l’équipe économique de reporter la hausse des taux et par conséquent la réduction des subventions. Ce faisant, cela force une baisse plus importante de l’inflation ce mois-ci, à laquelle s’ajoute également la baisse du taux prépayé. Avec tous ces éléments, il est possible de prévoir que l’indice de mai pourrait se situer dans une fourchette comprise entre 5% et 6%. Dans le cas du noyau, la baisse serait encore plus importante.

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