Bill Gates annonce le réacteur nucléaire du futur

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Le nucléaire est l’un des moyens d’obtention d’énergie les plus controversés. D’une part, il est vrai que l’émission de effet de serrece qui le rend beaucoup plus efficace dans la lutte changement climatique. Mais d’un autre côté, cela comporte une série de risques dont nous ne pouvons manquer de tenir compte. Les centrales nucléaires de Tchernobyl ou de Fukushima sont un bon exemple de ce qui peut arriver en cas d’erreur humaine ou de catastrophe naturelle mettant en péril la stabilité de la réaction. Pour cette raison, de nombreux scientifiques font déjà confiance au réacteur nucléaire de type sodium comme une option propre et sûre pour l’avenir.

Ce réacteur nucléaire est en construction à Kemmerer, Wyoming. Crédit : Kenneth Hynek (Wikimedia Commons)

La première centrale nucléaire équipée d’un de ces réacteurs est déjà en construction en Kemmerer, Wyoming, par Terra Power, une société créée en 2008 par Bill Gates. Le choix du lieu n’est pas une coïncidence. En plus de disposer de terrains propices à sa construction, le Wyoming est l’État du pays avec un augmentation de la production de charbon. L’objectif serait de transférer les travailleurs de cette industrie polluante vers celle basée sur le réacteur au sodium. Ainsi, personne ne souffrirait du changement.

La construction de l’installation est en cours, mais les permis nécessaires pour réaliser la réaction de fission nucléaire ne sont pas encore arrivés. En fait, cela devrait prendre environ deux ans. Si tout se passe bien, le réacteur nucléaire au sodium sera opérationnel d’ici 2030. Bill Gates et son équipe ont 6 ans pour convaincre les scientifiques suspects que c’est vraiment une option sûre. Mais en quoi cela consiste-t-il exactement ?

Fission nucléaire traditionnelle contre réacteur nucléaire au sodium

En général, un réacteur nucléaire consiste en un dispositif dans lequel se produit la division des atomes d’un élément radioactif, généralement l’uranium. Il s’agit d’une réaction en chaîne par laquelle les particules générées entrent en collision avec d’autres noyaux, les obligeant également à se diviser. De plus, c’est un réaction exothermique, dans lequel beaucoup de chaleur est dégagée. Cette chaleur est utilisée pour convertir l’eau liquide en vapeur, qui fera ensuite fonctionner les turbines qui contribuent à produire de l’énergie électrique.

Tout cela est commun aux réacteurs nucléaires traditionnels et de type sodium. La différence est dans le mécanisme de refroidissement. Dans un réacteur nucléaire, une telle quantité de chaleur est produite que la pression peut augmenter considérablement, conduisant à une explosion. Ce serait quelque chose de similaire à ce qui se passe lorsqu’un ballon est chauffé. Les particules de gaz se déplacent plus rapidement, la pression augmente et finit par exploser.

réacteur nucléaireréacteur nucléaire
La principale différence entre ce réacteur nucléaire et les réacteurs conventionnels réside dans le liquide de refroidissement.

Si cela devait se produire dans le réacteur nucléaire, de grandes quantités d’uranium radioactif seraient rejetées dans l’environnement. Tchernobyl est un bon exemple de la gravité de cette situation. Pour cette raison, on utilise des chemises d’eau qui circulent autour de l’uranium pour le refroidir. Malheureusement, cela pose deux problèmes. D’une part, l’eau ne peut qu’absorber la chaleur jusqu’à 100 ºC. À ce stade, elle se transforme complètement en vapeur et ne peut plus refroidir. Il faut donc pomper davantage d’eau. Ce pompage nécessite de l’électricité, donc une panne de courant accidentelle pourrait entraîner l’arrêt du pompage et l’arrêt du réacteur. surchauffer. Là encore, la probabilité d’une explosion augmente.

Les réacteurs de type sodium changent l’eau contre un métal liquide, dans ce cas sodium. Son point d’ébullition est 8 fois supérieure à celle de l’eau, ils peuvent donc absorber beaucoup plus de chaleur. De plus, il n’est pas nécessaire de le pomper. En se réchauffant, il monte, puis il refroidit et peut à nouveau absorber la chaleur. Ainsi, en cas de panne de courant, le réacteur continuerait à refroidir correctement.

Une certaine réticence

Depuis que Bill Gates a annoncé qu’il construirait un réacteur nucléaire Natrium dans le Wyoming, de nombreux scientifiques se sont montrés suspects. En fait, le Union des scientifiques concernés a publié un rapport soulignant que ces types de réacteurs peuvent également présenter des risques. Par exemple, elle serait si efficace qu’un approvisionnement beaucoup plus important en uranium serait nécessaire, ce qui placerait la centrale nucléaire dans la ligne de mire d’éventuels terroristes. En outre, ils estiment qu’il n’y a pas eu suffisamment de tests pour démontrer réellement que la sécurité contre pannes possibles.

Ils estiment que la procédure devra être étudiée davantage. Pour l’instant, le Commission nationale de réglementation des États-Unis étudie déjà la demande de Terra Power pour la construction du réacteur Natrium. Ce seront eux qui décideront finalement s’il y a des raisons d’aller de l’avant. Bill Gates et son équipe sont convaincus que ce sera le cas. Et sans aucun doute, s’ils tiennent leurs promesses, ce sera une véritable révolution dans le domaine de l’énergie nucléaire.

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