Les tarifs de l’UE « inacceptables » – DW – 13/06/2024

Les tarifs de l’UE « inacceptables » – DW – 13/06/2024
Les tarifs de l’UE « inacceptables » – DW – 13/06/2024
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L’Association des constructeurs automobiles chinois a qualifié d'”inacceptables” les tarifs annoncés par la Commission européenne (CE) allant jusqu’à 38,1% sur l’importation de véhicules électriques chinois, tout en critiquant l’enquête menée par les autorités européennes.

L’Association a exprimé dans un communiqué publié sur son compte officiel du réseau social Wechat sa « déception » face à ce qu’elle considère comme une « distorsion des résultats de l’enquête » du bloc communautaire, tout en assurant que « l’industrie automobile de » Chine a a collaboré activement, en fournissant toute la documentation requise par les autorités chargées de l’enquête.

Les fabricants chinois ont accusé la Commission de « sélectionner de manière partiale les entreprises à échantillonner » et d’« abuser de son pouvoir d’enquête ».

Fabricants chinois : « concurrence raisonnable et bénéfice mutuel »

« Les exportations chinoises de véhicules électriques ont non seulement fourni une excellente expérience aux consommateurs locaux, mais ont également contribué positivement à la croissance du marché et au développement industriel dans les régions importatrices », a indiqué l’institution.

L’Association a exhorté la Commission “à ne pas politiser les questions commerciales ni à abuser des mesures de sauvetage commercial”, afin “d’éviter de nuire à la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’industrie automobile”.

L’organisation a assuré que les grands constructeurs automobiles en Chine et en Europe « collaborent plus profondément dans des domaines tels que l’électrification et la connectivité, contribuant ainsi au progrès technologique mondial de l’automobile et à la transformation écologique ».

Enfin, l’association des constructeurs a exprimé l’espoir que l’industrie automobile européenne « pensera de manière rationnelle, agira positivement et collaborera pour maintenir la situation actuelle de concurrence raisonnable et de bénéfice mutuel ».

Gouvernement chinois : « Absence de base factuelle et juridique »

La veille, le ministère chinois du Commerce avait exhorté l’exécutif communautaire à corriger immédiatement ses « pratiques erronées », critiquant la décision de Bruxelles pour son « manque de base factuelle et juridique ».

Ces dernières semaines, la presse d’État chinoise a avancé d’éventuelles représailles de la part de la Chine, comme une augmentation des taxes sur l’importation de véhicules de grosse cylindrée ou des enquêtes antidumping contre des produits laitiers ou porcins en provenance d’Europe. Cette dernière affecterait particulièrement l’Espagne, puisqu’elle est le principal exportateur de porc vers ce pays asiatique.

Cette décision de l’UE a été annoncée moins d’un mois après que Washington a révélé son intention de quadrupler les droits de douane sur les véhicules électriques chinois pour les porter à 100 %.

L’industrie automobile chinoise, un mélange d’entreprises publiques et privées, présente des avantages en termes de coûts par rapport à ses concurrents étrangers, en partie grâce aux subventions gouvernementales et à la domination du pays dans le raffinage des minéraux pour batteries, ont déclaré des analystes consultés par l’agence Reuters.

Mais l’hyperconcurrence sur le marché chinois des véhicules électriques, le plus grand au monde, a également conduit les entreprises à innover de manière à réduire les coûts.

Les tarifs provisoires de l’UE s’appliqueront le 4 juillet et l’enquête se poursuivra jusqu’au 2 novembre, date à laquelle des tarifs définitifs pourraient être imposés, généralement pour cinq ans.

Les constructeurs européens chutent en bourse par crainte de représailles chinoises

Alors que les constructeurs automobiles européens sont confrontés au défi d’un afflux de véhicules électriques à moindre coût en provenance de leurs rivaux chinois, l’industrie automobile du continent ne bénéficie pratiquement d’aucun soutien en faveur des tarifs douaniers.

Parmi les plus grands opposants figurent les plus grands constructeurs automobiles européens, tels que BMW, Volkswagen, Stellantis et Mercedes Benz.
Les constructeurs automobiles allemands, en particulier, dépendent fortement de leurs ventes en Chine et craignent des représailles de la part de Pékin. Les constructeurs automobiles européens importent également leurs propres véhicules fabriqués en Chine.

Les constructeurs automobiles allemands dépendent fortement de leurs ventes en Chine et craignent des représailles de Pékin.Image : Fang Zhe/Xinhua/dpa/photo alliance

Les actions de certains des plus grands constructeurs automobiles européens, qui réalisent une grande partie de leurs ventes en Chine, ont chuté mercredi en raison des craintes de représailles chinoises.

Les constructeurs automobiles allemands sont en tête des pertes, cinq des six entreprises étant celles qui ont le plus perdu : Porsche SE a perdu 7,18 % ; Porsche AG, 1,79 %, Volkswagen, 1,48 % ; BMW, 0,96 % ; et Mercedes-Benz, 0,9%.

Cependant, les actions des fabricants chinois de véhicules électriques ont pour la plupart ignoré la nouvelle, comme prévu. Ainsi, les actions BYD cotées à Hong Kong ont augmenté de plus de 7 % en début de séance, en passe de réaliser leur plus gros gain en pourcentage sur une journée depuis novembre 2022.

Geely Auto a augmenté de plus de 3 %, Leap Motor de 3 % et les actions de Great Wall Motor à Hong Kong ont chuté de 1,2 %. A Shanghai, les actions de SAIC Motor ont chuté de 2,3%.

rml (efe, Reuters)

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