Le thriller d’espionnage le mieux réalisé de l’année est à la Semaine de la Critique cannoise 2024

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La Semaine de la critique a dépassé de manière décisive avec sa proposition inaugurale aussi bien celle de la compétition officielle de Cannes (le désastreux Le deuxième acte, de Quentin Dupieux) et la Quinzaine des Cinéastes (débutée avec Ma vie, ma gueule, adieu posthume de Sophie Fillières). Le signal de départ de cette compétition parallèle a été donné par l’un des meilleurs films vus jusqu’à présent sur la Croisette : le thriller Les fantômes, également connu sous son titre international Sentier fantôme.

Une coproduction franco-belgo-allemande réalisée par Jonathan Millet qui définit un Une histoire d’espionnage tendue sur fond de crise des réfugiés de guerre en Syrie et une performance captivante de son protagoniste Adam Bessa, vu dans les films d’action de la saga Tyler Râteau. Il incarne un enseignant qui, pendant la guerre civile syrienne Il a été détenu dans la terrible prison-abattoir de Saydnaya. et après avoir été libéré, il s’enfuit en Europe. Quelques années plus tard, il cherche un compatriote à Strasbourg.

Critique de « La piste des fantômes »

Le cinéma de genre avec des événements réels en arrière-plan est toujours délicat, surtout s’il traite de sujets proches et brûlants comme crise humanitaire de millions de réfugiés de guerre syriens arrivés en Europe avec le déclenchement de la guerre civile dans leur pays au début de la dernière décennie. Le risque d’une exploitation morbide d’événements graves et des souffrances humaines qu’ils ont entraînées est l’autre face de la médaille, la tendance à une sentimentalité sirupeuse et à des sentiments larges.

Aucune trace de ces pathologies n’est détectable dans Sentier fantôme, où les français Jonathan Millet, un gars aguerri aux films et courts documentaires autour de la frontière de Ceuta, de l’Antarctique ou de la disparition de la langue taushiro en Amazonie péruvienne, donne un leçon de maîtrise en retenue formelle et dramatique en racontant ce qui est essentiellement un thriller d’espionnage sans aucun effet.

Hamid, a joué avec Décapage bressonien de haute qualité pour un Adam Bessa les yeux plissés et la diction chuchotée, il a perdu sa famille pendant la guerre. Après avoir quitté Saydnaya, il a fui vers l’Europe mais sa mère vit dans un camp de réfugiés au Liban. Il mène dignement une existence anonyme à Strasbourg tout en enquêtant pour retrouver des criminels de guerre évadés, en collaboration avec un groupe de justiciers qui restent dans un jeu vidéo en ligne pour s’organiser.

Alors qu’elle pense avoir localisé l’un des anciens gardes de Saydnaya, qui aimait beaucoup la torture dans sa vie passée, la il faut identifier le fantôme et assurer son identité le rendra de plus en plus obsédé et dangereusement proche de lui, ce qui permettra à nous, spectateurs, d’apprécier l’interprétation de Tawfeek Barhom (La première prophétie), aussi magnétique que dérangeant.

Une conversation entre les deux personnages fait écho à la table partagée en contrechamp par Al Pacino et Robert de niro dans Chaleur. C’est le niveau d’excellence dans ses objectifs qu’une production modeste comme Sentier fantôme, infaillible lorsqu’il s’agit d’appliquer la rigueur de la mise en scène là où il faut pour construire un thriller avec une tension palpable mais sans chichi. Elle transcende l’étiquette de « slow cooking » pour parvenir à quelque chose de beaucoup plus difficile : traiter une réalité de manière équitable.

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