Festivals : Critique de « Emilia Pérez », un film de Jacques Audiard avec Zoe Saldaña, Karla Sofía Gascón et Selena Gomez (Compétition officielle) – #Cannes2024

Festivals : Critique de « Emilia Pérez », un film de Jacques Audiard avec Zoe Saldaña, Karla Sofía Gascón et Selena Gomez (Compétition officielle) – #Cannes2024
Festivals : Critique de « Emilia Pérez », un film de Jacques Audiard avec Zoe Saldaña, Karla Sofía Gascón et Selena Gomez (Compétition officielle) – #Cannes2024
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Par Diego Batlle, de Cannes

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Publié le 19/05/2024

Gagnant de la Palme d’Or pour Dheepan En 2015, le directeur de lis sur mes lèvres, Le battement de mon coeur, un prophète et métal et os revient à Cannes avec l’histoire délirante d’un trafiquant de drogue mexicain qui se transforme en femme puis fonde une ONG humanitaire, tout en mêlant drame social et drame musical.

Émilie Pérez (France-/2024). Réalisateur : Jacques Audiard. Acteurs : Zoe Saldaña, Karla Sofía Gascón, Selena Gomez, Adriana Paz, Edgar Ramírez et Mark Ivanir. Scénario : Jacques Audiard, Thomas Bidegain et Léa Mysius. Photographie : Paul Guilhaume. Création des décors : Emmanuelle Duplay. Édition : Juliette Welfling. Musique : Camille et Clément Ducol. Durée : 130 minutes. En compétition officielle.Audiard est-il devenu fou ? C’est la première chose qu’on se demande face à Émilie Pérez, un de ces films qui ne laisse personne indifférent et qui peut être élevé par certains au rang de chef-d’œuvre et rejeté par d’autres comme des ordures (les deux extrêmes ont été vécus à Cannes). Avec un peu du cinéma de Carlos Reygadas et Michel Franco mêlé à celui de Pedro Almodóvar, celui de Jacques Demy et une fin purement western, Émilie Pérez Il confirme la maîtrise narrative, le génie de la mise en scène et l’inventivité visuelle inépuisable du réalisateur français, mais il soulève aussi des questions telles que : Pourquoi ? Pour que? A quoi ça sert de faire un film comme Émilie Pérez?

La vérité est que le créateur de Regarde les hommes tomber Il nous transporte dans le Mexique toujours pittoresque, excessif et sordide, à la rencontre de la figure de Manitas del Monte, chef d’un cartel qui détruit ses rivaux pour bénéficier également du soutien politique nécessaire. Mais Manitas ne veut pas être le trafiquant de drogue au visage viril et buriné, mais plutôt une femme et c’est pourquoi le processus hormonal préalable à l’opération de changement de sexe a commencé il y a deux ans. Pour mener à bien cette transition, il contacte Rita Moro Castro (Zoe Saldaña), une avocate aussi talentueuse que gaspillée par ses patrons, pour s’occuper de tous les détails (dans les premières minutes du film elle se rendra à Bangkok, Tél. Aviv et Lausanne). Et oui, Manitas deviendra Emilia Pérez (œuvre remarquable de Karla Sofía Gascón), qui ouvrira alors une ONG pour aider les victimes de la guerre contre la drogue. Un changement radical dans tout le spectre et les sens possibles.

Les nouvelles relations d’Emilia avec son ex-femme (Selena Gómez, aux prises avec l’espagnol), ses enfants, son nouvel amour (Adriana Paz) et ses rivaux (Edgar Ramírez y apparaît) sont quelques-uns des nombreux aspects d’un film produit par (et avec des costumes par) Saint Laurent, et parlé principalement avec les accents espagnols les plus variés (presque personne dans la distribution principale n’est mexicain), qui va des comédies musicales de rue colorées aux scènes d’une violence extrême avec tout ce qui peut s’insérer entre les deux.

Beaucoup ont salué l’audace, la manière très peu conventionnelle avec laquelle Audiard aborde la réalité mexicaine à travers des personnages si particuliers ; d’autres ont parlé de ridicule, d’absurdités et de manque de respect. Au-delà des sensibilités et des perspectives idéologiques (et le film les admet toutes), la vérité est qu’à 72 ans, le prestigieux réalisateur français montre les signes d’une liberté, d’une ambition et d’un engagement envers le risque qui doivent toujours être célébrés. Émilie Pérez C’est un film sauvage que tout le monde continue de commenter, de discuter et de recommander dans les couloirs du Palais du Festival quelques heures, quelques jours après sa première. Exactement ce que Cannes recherche et apprécie avec chacun de ses choix pour sa Sélection Officielle.


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