Israël bombarde Rafah malgré l’ordre de la CIJ d’arrêter son offensive

Israël bombarde Rafah malgré l’ordre de la CIJ d’arrêter son offensive
Israël bombarde Rafah malgré l’ordre de la CIJ d’arrêter son offensive
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10h05

Israël a bombardé Rafah samedi, malgré le jugement de la Cour internationale de Justice (CIJ) lui a ordonné de suspendre ses opérations dans cette zone du territoire palestinien gouvernée par le Hamas, tandis que les efforts diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu se poursuivent à Paris.

Des témoins sur place et des journalistes de l’AFP ont fait état de bombardements menés par les troupes israéliennes contre Rafah, une ville du sud de la bande de Gaza frontalière avec l’Égypte. Des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont également eu lieu sur Deir al Balah et Nuseirat au centre, Jabaliya et la ville de Gaza au nord, et Khan Yunis au sud.

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En réponse à une demande de l’Afrique du Sud, la plus haute instance judiciaire de l’ONU a ordonné vendredi à Israël de cesser ses opérations à Rafah et toute autre action provoquant une « destruction physique totale ou partielle » du peuple palestinien à Gaza.

La CIJ a également exigé l’ouverture du poste frontière entre l’Égypte et Gaza à Rafah, une porte d’entrée de l’aide humanitaire qu’Israël a fermée au début du mois lorsqu’il a commencé ses opérations dans la ville.

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Le tribunal, dont les décisions sont contraignantes, même s’il ne dispose d’aucun moyen pour les mettre en œuvre, a également exhorté le mouvement islamiste Hamas à libérer immédiatement tous les otages pris lors de son attaque du 7 octobre contre Israël.

Mais aucune des deux parties ne semble avoir tenu compte des exigences du tribunal. Depuis Madrid, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a averti Israël que les mesures conservatoires de la CIJ sont « obligatoires », ainsi que « la libération des otages » aux mains du Hamas et « l’accès humanitaire ». « Les souffrances des Gazaouis et la violence doivent cesser. »

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, en coordination avec la Norvège et l’Irlande, a annoncé que mardi prochain son cabinet reconnaîtrait la Palestine en tant qu’État. Israël a sévèrement critiqué cette initiative et a convoqué ses ambassadeurs dans ces trois pays pour des consultations.

Le conflit a éclaté le 7 octobre, lorsque des commandos islamistes ont tué plus de 1.170 personnes, pour la plupart des civils, dans le sud d’Israël, selon un bilan de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes.

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Les militants ont également kidnappé 252 personnes. Israël affirme que 121 personnes restent otages à Gaza, dont 37 seraient morts.

Quelques heures avant la décision de la CIJ, l’armée israélienne a annoncé avoir récupéré les corps de trois otages morts à Gaza, dont le franco-mexicain Orión Hernández Radoux et l’israélo-brésilien Michel Nisenbaum.

En réponse à l’attaque d’octobre, Israël a lancé une offensive contre la bande de Gaza, au cours de laquelle 35 857 Palestiniens, pour la plupart des civils, sont morts jusqu’à présent, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.

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Les négociations indirectes négociées par le Qatar, l’Égypte et les États-Unis sont au point mort début mai, peu après le début des opérations terrestres israéliennes à Rafah.

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a autorisé cette semaine “poursuivre les négociations pour le retour des otages.” Très impliqué dans ces conversations, le directeur de la CIA, William Burns, rencontrera à Paris des représentants israéliens.

Dans la même ville, le président français Emmanuel Macron a rencontré vendredi soir les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, du Qatar, d’Égypte et de Jordanie pour aborder la situation à Gaza.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, s’est également entretenu avec le ministre israélien de la guerre, Benny Gantz, sur les nouveaux efforts visant à parvenir à un cessez-le-feu et à rouvrir le passage de Rafah dès que possible.

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Malgré l’opposition de la communauté internationale, notamment de son allié américain, les troupes israéliennes sont entrées dans la ville de Rafah début mai.

Les soldats se sont emparés du côté palestinien du poste frontière avec l’Égypte, ralentissant encore davantage l’acheminement de l’aide humanitaire aux 2,4 millions d’habitants de Gaza.

L’armée américaine, de son côté, a installé un quai temporaire sur la côte de Gaza qui, selon un porte-parole de l’ONU, a permis le débarquement de 97 camions humanitaires en une semaine.

Mais la situation humanitaire sur le territoire reste alarmante, avec des risques de famine, des hôpitaux hors service et quelque 800 000 personnes fuyant Rafah, selon l’ONU.

Son chef humanitaire, Martin Griffiths, a déclaré que « les travailleurs humanitaires et le personnel de l’ONU doivent pouvoir faire leur travail en toute sécurité ». “A l’heure où la population de Gaza est confrontée à la famine (…) il est plus crucial que jamais de répondre aux appels des sept derniers mois : libérer les otages, accepter un cessez-le-feu, mettre fin à ce cauchemar”, a-t-il souligné.

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