L’Orchestre Philharmonique de Buenos Aires a présenté des œuvres inspirées du Mato Grosso, de la Norvège et de la Russie révolutionnaire

L’Orchestre Philharmonique de Buenos Aires a présenté des œuvres inspirées du Mato Grosso, de la Norvège et de la Russie révolutionnaire
L’Orchestre Philharmonique de Buenos Aires a présenté des œuvres inspirées du Mato Grosso, de la Norvège et de la Russie révolutionnaire
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“Les paysages ont créé la meilleure moitié de mon âme”, a déclaré Ortega y Gasset dans son œuvre Pédagogie du paysage. Si cela est vrai, alors le concert du Orchestre Philharmonique de Buenos Airesavec lequel il a célébré son 78ème anniversaire, a été une véritable opportunité de cultiver l’âme avec trois œuvres musicalement liées à des géographies différentes mais avec une racine commune : la tradition musicale académique européenne.

Ainsi, le voyage était prévu depuis son départ dans le Mato Grosso brésilien, en passant par les terres norvégiennes, pour se terminer dans la Russie révolutionnaire.

Orchestre Philharmonique de Buenos Aires, avec la participation du pianiste Teo Gheorghiu comme soliste. Photo : Presse Teatro Colón / Arnaldo Colombaroli.

Le début

Larmes de Tahuari Il naît d’un processus créatif qui a conduit le compositeur à vivre avec les Kuikuros sur le territoire brésilien du Xingu. L’œuvre, composée de cinq mouvements, présente des éléments abondamment évocateurs, même s’il ne s’agit pas d’un documentaire, mais plutôt du résultat sensible de son expérience et de son inspiration.

Orchestre Philharmonique de Buenos Aires. Photo : Presse Teatro Colón / Arnaldo Colombaroli.

De l’immersion dans les eaux brésiliennes, en passant par des rythmes marqués qui appellent à la danse, jusqu’aux sons des sirènes d’urgence, Gabriel Sivak construit un récit dans lequel les larmes sont le point le plus sensible : le cri des arbres pour la destruction de la main humaine.

Avec un discours contemporain et le XXe siècle comme boîte à outils, il organise les paysages par l’interconnexion des thèmes avec une orchestration enrichie de techniques étendues et d’éléments extérieurs à l’orchestre qui, sans être fantaisistes, sont largement intégrés organiquement dans la partition.

La direction du Maître vénézuélien Manuel Hernández-Silvaqui a dirigé la première mondiale de cette œuvre devant l’Orchestre des Pays de la Loire et à d’autres reprises, met de l’ordre dans le discours solidement projeté par l’orchestre.

La fenêtre de Grieg

Le pianiste Téo Gheorghiu a relevé le défi d’interpréter le Concerto pour piano en la mineur de Grieg, une œuvre complexe et emblématique. Structuré en trois mouvements, fusionne les influences folkloriques scandinaves avec la tradition romantique allemande.

Orchestre Philharmonique de Buenos Aires. La direction musicale était assurée par Manuel Hernández-Silva et le spectacle comprenait la participation du pianiste Teo Gheorghiu en tant que soliste. Photo : Presse Teatro Colón / Arnaldo Colombaroli.

Avec élégance et technique, Gheorghiu a réussi à interpréter de manière cohérente l’arc des personnages distinctifs de l’œuvre, dans lequel abondent les passages de virtuosité. Parfois, les contrastes dynamiques de l’orchestre étaient plus larges et plus expressifs que ceux du piano, ce qui créait l’impression d’un léger déséquilibre dans l’interprétation globale du premier mouvement.

Ce détail mis à part, le deuxième mouvement était d’une beauté particulière et offrait au soliste la possibilité d’exploiter le meilleur du caractère lyrique de Grieg.

En guise de rappel, le pianiste a proposé Arabesque de Schumann, ce qui lui a permis de démontrer la force de ses décisions interprétatives et ses licences personnelles au sein d’un répertoire qu’il manie avec connaissance.

La Russie, l’apothéose finale

Dans un épisode supplémentaire de la relation complexe qu’il entretenait avec le régime soviétique, Chostakovitch met son talent au service de la narration de l’histoire de la Révolution russe de 1917 et particulièrement de l’un de ses protagonistes, Lénine.

La Symphonie n°12 Il est porteur d’une complexité importante, non seulement en raison de la continuité exigée par les mouvements, mais aussi en raison de la façon dont son matériau thématique s’entremêle dans ses différents moments, qui vont du murmure subtil à la fanfare épique.

Orchestre Philharmonique de Buenos Aires. Photo : Presse Teatro Colón / Arnaldo Colombaroli.

Le directeur et l’orchestre ont réussi un discours fluide, avec la force et le drame que l’œuvre requiert, sans tomber dans la redondance ou l’ennui, articulant soigneusement les points de tension de l’œuvre pour construire le point culminant apothéotique final.

Fiche technique

Orchestre Philharmonique de Buenos Airesconcert 05.

Théâtre Colon24 mai 2024.

Directeur: Manuel Hernández-Silva. Piano : Teo Gheorghiu.

Programme: Larmes de Tahuari (Gabriel Sivak); Concerto pour piano en la mineur, op. (Edward Grieg) ; Symphonie n°12 en ré mineur, op. 112 « L’année 1917 » (Dmitri Chostakovitch).

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