Comment se passent les vocations sacerdotales à Huila ?

Comment se passent les vocations sacerdotales à Huila ?
Comment se passent les vocations sacerdotales à Huila ?
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Ces dernières années, le département de Huila a fait face presque silencieusement au déclin du nombre de prêtres. Cette tendance est une préoccupation croissante dans toute la Colombie, mais elle est particulièrement aiguë dans cette région.

JOURNAL DE HUILA, PANORAMIQUE

Par : Alejandro Polanco

Même si le nombre de catholiques en général a augmenté partout dans le monde, cette tendance ne s’est pas reflétée dans le clergé catholique. Selon L’Osservatore Romano, en 2023 il y avait 13 évêques de plus qu’en 2022, pour un total de 5.353. Cependant, le nombre de prêtres ordonnés a continué à diminuer, avec une réduction de 142 prêtres, pour atteindre un total de 407.730.

Un aspect crucial lié au nombre de prêtres est le nombre de séminaristes en formation. Fin 2023, il y avait 108 481 séminaristes dans l’Église, soit une diminution de 1,3 % par rapport à l’année précédente. Ce déclin est notable depuis 2012 et se poursuit sous le pontificat du pape François.

Situation à Huila

À Huila, la situation est préoccupante. Le département compte deux séminaires principaux : le séminaire Inmaculada Concepción du diocèse de Garzón et le séminaire San Esteban Protomártir du diocèse de Neiva. Les deux séminaires travaillent dur pour accueillir un total de 100 séminaristes. Ce chiffre est faible au regard de la demande pastorale de la région et reflète la crise des vocations à laquelle est confronté le département.

Au cours des quatre dernières années, le nombre de nouvelles ordinations sacerdotales a été minime, du moins dans le diocèse de Neiva, puisque seuls cinq nouveaux prêtres ont été ordonnés pour servir dans cette partie de Huila. Ce chiffre est alarmant si l’on considère l’extension territoriale du département et le besoin de pastorale dans ses paroisses.

La structure familiale et les valeurs sociales ont considérablement changé au cours des dernières décennies. De nombreux jeunes subissent des pressions pour poursuivre des carrières professionnelles qui leur assurent stabilité économique et prestige social. La vie sacerdotale, qui implique un engagement au service et le renoncement à certains aspects matériels, peut ne pas leur plaire.

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Perception du sacerdoce

La perception de la vocation sacerdotale a changé. Des cas d’abus et de scandales au sein de l’Église ont affecté son image publique. Cela a conduit à une méfiance généralisée et à des perceptions négatives à l’égard du sacerdoce, ce qui a amené moins de jeunes à envisager cette option.

Le manque d’accompagnement spirituel et de soutien de la part des communautés et des familles est également un autre facteur. Sans un environnement qui encourage et soutient le discernement vocationnel, les jeunes peuvent avoir du mal à explorer et à répondre à un éventuel appel aux ordres sacerdotaux. Outre ce qui précède, la mondialisation et l’accès aux technologies modernes ont modifié les priorités et les aspirations des jeunes. La culture de consommation et l’accent mis sur la réussite individuelle peuvent détourner les jeunes d’envisager une vie consacrée au service et au sacerdoce.

Impact sur les paroissiens

La pénurie de prêtres a un impact direct sur les communautés locales de Huila. De nombreuses paroisses ont dû se réorganiser et, dans certains cas, un seul prêtre prend en charge sa paroisse et assiste les autres, ce qui limite la capacité d’offrir une pastorale adéquate. Les messes, confessions et autres sacrements peuvent être affectés, ce qui a un impact sur la vie spirituelle des paroissiens.

Dans les zones rurales, où les distances entre les paroisses peuvent être grandes, le manque de prêtres est encore plus critique. Les communautés les plus isolées peuvent passer des semaines sans la visite d’un prêtre, ce qui affecte la célébration régulière de l’Eucharistie et d’autres sacrements essentiels à la vie de ceux qui se déclarent chrétiens.

María González, habitante du village de Guamal, à Buenos Aires, dans la municipalité de Campoalegre, partage son inquiétude : « Avant, nous avions la messe tous les dimanches, mais maintenant nous ne la faisons que toutes les deux ou trois semaines. “Il est difficile de maintenir vivante notre foi sans la présence régulière d’un prêtre, car pour nous paysans, la présence du prêtre est un présage pour les récoltes.”

Juan Carlos López, un jeune de Neiva qui envisageait le sacerdoce, a expliqué sa décision de ne pas continuer : « J’ai ressenti l’appel, mais je n’ai pas eu assez de soutien ni d’orientation. Mes parents voulaient que j’étudie une carrière qui m’assurerait un avenir stable. Aussi, après avoir entendu tant de nouvelles négatives sur l’Église, je me suis découragé et j’ai considéré que les séminaires ne sont pas à la hauteur du monde réel.

Conséquences futures

On constate une diminution notable de la présence de l’Église parmi les nouvelles générations et dans la société en général. Cette situation rend difficile le changement de génération et menace la stabilité future, déjà affectée dans le présent. Et comme nous l’avons déjà mentionné, les cas d’abus sexuels sur mineurs et la perte de pertinence de la religion dans l’éducation ont également un impact négatif sur le prestige de l’Église.

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La dernière enquête du Centre de recherches sociologiques révèle que le nombre de non-croyants a été multiplié par cinq, pour atteindre 39,3 %. Ce déclin de l’auto-identification en tant que catholique soulève la question de savoir si ce déclin continuera.

Le manque de lien avec les jeunes est la clé de cette crise. Actuellement, les jeunes s’intéressent davantage aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo et à la vie nocturne, ce qui a conduit l’Église à perdre de son importance parmi ce groupe démographique. Les données de la même étude montrent une perte significative de catholiques parmi les jeunes de 18 à 24 ans, passant de 78,1% en 1990 à 36,3% en 2021, témoignant ainsi d’un déclin et d’un vieillissement de la population catholique. Cela se traduit par moins de jeunes qui suivent la vie catholique depuis le début et davantage de jeunes qui abandonnent la foi.

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